Ana sa3ida. Je suis bien.

Au moment où j’écris cet article je suis installée dans un appartement à Essaouira, j’écoute du gnawa, qui pourrait être l’ancêtre du reggae, je ne connaissais pas et c’est parfait pour ce soir. Nous avons rencontré un habitant au restaurant ce midi et avons sympathisé, nous longeons donc chez lui pour la nuit, pour 200 dirham (20€ euros) pour 4. Il a suffit de manger au restaurant pour trouver une location pour la nuit, ce n’est clairement pas en France que l’on ferait ça. Ni peut-être même ailleurs en Europe, la confiance, la paix, le partage, ce sont des valeurs importantes qui pourtant se perdent. Je me sens inspirée pour vous écrire ce soir, et je voulais vous dire : je me sens bien.

Comme je le disais dans cet article, je ne me sens plus trop à ma place en France, même si elle reste mon pays, qu’elle apporte beaucoup, ce retour de 2 mois est assez long. Heureusement, je m’étais prévu quelques jours au Maroc, et ils me font un bien fou. J’aurais souhaité rester plus longtemps seulement, car 4 jours c’est trop peu. Mais je reviendrais. Depuis que je suis là tout va bien, je ne pense plus aux choses négatives de ma vie. D’ailleurs, je ne me rappelle plus ce qui ne va pas. Je m’en fou complètement, j’ai le temps d’y repenser plus tard. Je me sens terriblement bien ici, toute cette énergie positive qui ressort de chacun, de la nature et de chaque choses. Le matin je suis réveillée par l’appel à la prière, je l’écoute, comme je l’écoute avec attention les 4 autres fois de la journée. Je ne comprends pas un mot, mais c’est pas grave je l’écoute.

Je pense clairement en ce moment même, à cet instant précis, j’ai l’esprit clair. On le sait, le monde est rempli de haine, de guerres, de peines mais malgré tout il existe encore le bonheur des choses simples. Toute cette nature ici me fait un bien fou. À ce moment précis je me dis qu’il faut pas que je relise cet article demain sous peine de tout changer, il n’est pas structuré mais il est parfait, comme je pense : j’écris. Reprenons. J’ai de la peine pour ces personnes ignorantes du monde extérieur à leur cocon et vivants dans la peur de l’autre, des différences et de l’inconnu. Je comprends que l’on puisse avoir peur avec ce que l’on nous montre dans les médias, mais j’ai de la peine face à toute cette haine inutile. Car le monde, sans ses différences serait d’un ennui mortel, imaginez tout ce que l’on peut apprendre, cette connaissance infinie du monde, tout passe par ces différences culturelles. Je serais bien triste de vivre en Thaïlande comme je vis en France. On n’aurait plus rien à apprendre, toutes ces cultures, ces religions, ces traditions, pourquoi est-ce qu’il est si compliqué de les faire cohabiter chez nous, en Europe ? Il y a déjà assez de mal sur Terre, pourquoi en ajouter inutilement ? Et on aura beau dire que les attentats en sont la causes, c’était déjà comme ça avant, les gens avaient juste un peu moins peur ou ne l’exprimaient pas autant.

C’est pourtant si simple de respecter son voisin, je me moque que le mien soit unijambiste, arabe, albinos, aveugle, russe, con, … tant qu’il ne me fait pas de mal et ne porte préjudice à personne. Je pense comme un bisounours à ce moment précis, mais pourquoi est-ce si compliqué d’être tolérant ? Oui, il y a la peur, il y a le mal aussi ailleurs, mais si on sortait de chez nous pour découvrir le reste du monde ? Avant j’avais peur, depuis que je me suis expatriée en Thaïlande, j’ai soif de voyager dans le monde, de rencontrer l’autre et de profiter du bonheur que ces moments procurent. Je vous parlerais plus tard de mon séjour au Maroc, mais voilà, j’avais envie d’écrire ça, maintenant, sur le coup, en buvant ma bière et en écoutant de la bonne musique.

Ana sa3ida. Je me sens bien.

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1 commentaire

  1. Ton article m’a transporté, j’aime beaucoup. Et je te rejoins sur la quasi totalité des points, la France devient anxiogène et ce de plus en plus. J’ai un grand besoin d’évasion également pour fuir ce climat toxique.

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